| Bibliques | Prier avec la Bible |
Textes liturgiques © AELF, Paris
| Quand Dieu appelle…
Drôle de métier que celui de prophète ou d’apôtre ! Suivre l’appel expose aux injures, dans le cas de Jérémie ; au malentendu, dans le cas de Pierre. Pourtant, nous dit le psaume 62, la fréquentation quotidienne du Seigneur apaise et rassure. Elle conduit au don de soi, chacun à sa manière, affirme Paul à ses amis romains. Elle permet de comprendre et d’accomplir « ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait… » |
| Première lecture : Livre de Jérémie, 20,7-9
Seigneur, tu as voulu me séduire, et je me suis laissé séduire ; tu m'as fait subir ta puissance, et tu l'as emporté. A longueur de journée je suis en butte à la raillerie, tout le monde se moque de moi. Chaque fois que j'ai à dire la parole, je dois crier, je dois proclamer : « Violence et pillage ! » A longueur de journée, la parole du Seigneur attire sur moi l'injure et la moquerie. Je me disais : « Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom. » Mais il y avait en moi comme un feu dévorant, au plus profond de mon être. Je m'épuisais à le maîtriser, sans y réussir. |
Le prophète sature. Il s’est laissé séduire par la Parole et n’en a récolté que souffrance. Déjà, le mystère de la Croix accable le prophète. Dieu séduit et exige. La vérité n’est pas toujours bonne à dire aux oreilles des auditeurs. Et pas question d’infléchir le discours vers ce que les gens voudraient entendre. Il faut en rester au feu brûlant. Quoiqu’il en coûte, le prophète proclamera le message. | |
| Mon âme a soif de toi, Seigneur, mon Dieu.
Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube : Je t'ai contemplé au sanctuaire, Toute ma vie je vais te bénir, Oui, tu es venu à mon secours : |
Psaume 62 (63) Tôt le matin, le croyant cherche la lumière du Seigneur. Il en a soif. Le psaume 62 se fait l’écho de cette quête. L’ardeur de la recherche contraste avec la lourdeur et la sécheresse de la chair. Mais la prière ramène à l’essentiel, à la contemplation, à l’apaisement. La présence aimante du Seigneur accompagne toute la vie du croyant. |
| Nous poursuivons depuis plusieurs dimanches la lecture de l’épître aux Romains. Elle nous invite au don de nous-mêmes, au « sacrifice ». L’ « adoration véritable » transforme les croyants au plus intime. Elle est finalement préparation au mystère pascal, à cette « croix » dont Jésus va rappeler l’exigence devant Pierre dans l’évangile. Elle n’est pas un chemin uniforme. Que chacun donne à sa mesure, suivant ses capacités et sa générosité ! Nous touchons ainsi le cœur de Dieu en mettant en œuvre « ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait ! » | Seconde lecture : Lettre de saint Paul aux Romains, chapitre 12,1-2
Je vous exhorte, mes frères, par la tendresse de Dieu, à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : c'est là pour vous l'adoration véritable. Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. | |
| A Césarée de Philippe, Jésus avait posé la question de confiance : pour vous, qui suis-je ? Pierre avait su proclamer l’identité de son maître : tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! ; et Jésus en avait fait son porte-parole. Le dialogue semble continuer aujourd’hui sur un malentendu. ‘La croix est au cœur de la démarche du Messie’ dit Jésus. ‘Il n’en est pas question’ répond Pierre. Passe derrière moi, Satan ! Le démenti est cinglant. Dieu appelle et, en même temps, exige. Pierre finira lui aussi sur la croix. Pierre, comme son Maître, ressuscitera. Comme Jérémie, quoiqu’il en coûte, il fera l’œuvre de Dieu. | |
| Evangile selon saint Mathhieu, 16,21-27
Pierre avait dit à Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. » A partir de ce moment, Jésus le Christ commença à montrer à ses disciples qu'il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t'en garde, Seigneur ! cela ne t'arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route ; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. Quel avantage en effet un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s'il le paye de sa vie ? Et quelle somme pourra-t-il verser en échange de sa vie ? Car le Fils de l'homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. » |
P. Emmanuel Chazot Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy) |
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