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Textes liturgiques
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Dimanche 28 septembre 2008
26e dimanche du Temps ordinaire

Textes liturgiques © AELF, Paris

Changer d’avis… Changer de vie…

Dans l’opinion publique, il ne fait pas bon passer pour une girouette… Et pourtant les lectures de ce dimanche font l’éloge de ceux qui osent évoluer, bouger. Le « fils aîné », dans la parabole de Matthieu, se repent et fait la volonté de son père. Le "méchant" d’Ezéchiel peut s’ouvrir au droit et à la justice ; par ailleurs, il n’y a pas d’assurance "vie éternelle" pour "le juste". Au dire du psaume, le salut est une longue route où Dieu nous guide. Mais l’hymne aux Philippiens rappelle que c’est Jésus qui, pour nous sauver, a parcouru la plus longue distance. A notre tour d’accueillir dans nos cœurs les sentiments qui furent les siens.

Première lecture : Livre d'Ezéchiel, 18,25-28

Parole du Seigneur tout-puissant. Je ne désire pas la mort du méchant, et pourtant vous dites : 'La conduite du Seigneur est étrange.' Écoutez donc, fils d'Israël : est-ce ma conduite qui est étrange ? N'est-ce pas plutôt la vôtre ? Si le juste se détourne de sa justice, se pervertit, et meurt dans cet état, c'est à cause de sa perversité qu'il mourra. Mais si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Parce qu'il a ouvert les yeux, parce qu'il s'est détourné de ses fautes, il ne mourra pas, il vivra.

Nous voudrions que les choses soient simples : au juste, la vie ! au méchant, la mort ! Le prophète introduit une nuance de taille : la conscience est capable de retour sur soi, de repentir. Rien n’est jamais figé. Rien n’est jamais acquis. Aucune cause n’est à jamais perdue. Il y a une responsabilité personnelle. C’est peut-être moins simple. C’est la vie…
Souviens-toi, Seigneur, de ton amour.

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ;
dans ton amour, ne m'oublie pas.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Psaume 24(25)

Pourquoi nous adresser à Dieu et lui demander le chemin ? Nous avons déjà fait l’expérience de la route avec lui, l’expérience de son amour et de son pardon. Nous faisons mémoire de ces moments de grâce ; et, lorsque le brouillard revient, nous savons vers qui nous tourner. Il est toujours avec nous sur la route.

Faire 'âme commune' avec son Maître ; faire 'âme commune' avec ses amis ; dans sa prison, voilà tout le désir de Paul ! Quinze jours après la fête de la 'Croix glorieuse', nous relisons l’hymne des premières communautés chrétiennes : il nous faut imiter le Christ qui est Tout et qui se donne Tout. Il nous faut le suivre dans son incarnation, sa mort, sa résurrection, son exaltation dans la Gloire. S’il s’anéantit, c’est pour nous entraîner dans son sillage et faire 'âme commune' avec son Père. Seconde lecture : Lettre de saint Paul aux Philippiens, chapitre 2,1-11

Frères, s'il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, si l'on s'encourage dans l'amour, si l'on est en communion dans l'Esprit, si l'on a de la tendresse et de la pitié, alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l'unité. Ne soyez jamais intrigants ni vantards, mais ayez assez d'humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même, mais aussi des autres.

Ayez entre vous les dispositions que l'on doit avoir dans le Christ Jésus : lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père.

Nous connaissons bien en st Luc le récit des deux fils : le prodigue y a le beau rôle ; le grincheux n’est qu’un faire-valoir de la miséricorde du père. Matthieu nous rapporte une version de la parabole plus à l’avantage de l’aîné. Pour la forme, il proteste mais fait le travail demandé ; le cadet accepte en parole mais finalement se détourne. Dans les deux versions, Jésus loue les publicains et les prostituées au détriment des chefs des prêtres et des anciens. Dans le Royaume, il n’y a que cela qui compte : se repentir et croire.
Evangile selon saint Matthieu, 21,28-32

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : 'Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne.' Celui-ci répondit : 'Je ne veux pas.' Mais ensuite, s'étant repenti, il y alla. Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : 'Oui, Seigneur !' et il n'y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier ».

Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n'avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole. »

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

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