Logo de Bibliques.comACCUEIL Prier avec la Bible
Textes liturgiques
 LIRE  |  EVANGILES  |  BIBLE COMMENTEE  |  PRIERE  |  VIE  |  DIEU  |  HOMME  |  HEBREU  |  GREC  |  LIENS  |  QUI  |  ÉDITIONS  |

 

Dimanche 5 octobre 2008
27e dimanche du Temps ordinaire

Textes liturgiques © AELF, Paris

Naissance de l’Eglise

Dimanche dernier, le Père invitait ses fils à travailler à sa Vigne. Les textes d’aujourd’hui reviennent longuement sur ce petit arbre et le grand ouvrage qu’il réclame. Isaïe a peut-être transformé une chanson de vendanges en scénario spirituel. Son récit se termine en échec. Loin de se décourager, c’est avec insistance que le psalmiste se tourne vers Dieu. Ainsi, Paul semble avoir trouvé un équilibre pacifiant dans ses relations avec la chaleureuse communauté de Philippes. Mais, dans l’évangile de Matthieu, le drame se renoue autour de ce qu’annonce Jésus. A partir de la « pierre d’angle », un Peuple nouveau, fait de « pierres vivantes », naîtra..

Première lecture : Livre d'Isaïe, 5,1-7

Je chanterai pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau plantureux. Il en retourna la terre et en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais.

Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne ! Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? J'attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais vous apprendre ce que je vais faire de ma vigne : enlever sa clôture pour qu'elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu'elle soit piétinée. J'en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie.

La vigne du Seigneur de l'univers, c'est la maison d'Israël. Le plant qu'il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici l'iniquité ; il en attendait la justice, et voici les cris de détresse.

Le chant d’Isaïe développe une image empruntée à Osée : « Israël était une vigne luxuriante… » Le thème fera fortune chez les prophètes et jusqu’au Nouveau Testament. Isaïe introduit la présence de l’ami, insiste sur son travail compétent, précis, attentionné : le choix du coteau et du plant ; la peine prise à la préparation de la terre ; le soin mis à organiser la vendange et à la protéger. Tout cela met en valeur l’amour prévenant du « bien-aimé » et, par contraste, l’échec qui est le sien : il n’y aura pas de vendanges ; il n’y aura pas de vin ; il n’y aura pas de fête.
Regarde ta vigne, Seigneur, viens sauver ton peuple.

La vigne que tu as prise à l'Égypte,
tu la replantes en chassant des nations.
Tu déblaies le sol devant elle,
tu l'enracines pour qu'elle emplisse le pays.

Pourquoi as-tu percé sa clôture ?
Tous les passants y grappillent en chemin ;
le sanglier des forêts la ravage
et les bêtes des champs la broutent.

Dieu de l'univers reviens !
Du haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu'a plantée ta main puissante.

Jamais plus nous n'irons loin de toi :
fais-nous vivre et invoquer ton nom !
Dieu de l'univers, fais-nous revenir ;
que ton visage s'éclaire, et nous serons sauvés.

Psaume 79(80)

Le psalmiste emprunte à son tour le thème de la vigne mais, contrairement aux prophètes, ce n’est pas au Peuple qu’il attribue la responsabilité de l’échec. Il interpelle Dieu lui-même sur les malheurs des temps. Pourquoi ? Regarde ! Reviens ! Le fruit véritable de l’intervention divine sera la conversion de l’homme.

Nous sommes ici loin du « stress du vigneron ». Il est vrai que cette lettre de Paul est celle où affleure son affectivité : il a aimé son séjour à Philippes ; il s’y est senti chez lui. Alors, est-il anormal qu’il rassure les siens ? Qu’il les invite à la prière et à la Sagesse ? La paix du cœur n’est-elle pas le fruit suprême de la présence de Dieu en nous ? Seconde lecture : Lettre aux Philippiens, chapitre 4,6-9

Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l'action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera votre coeur et votre intelligence dans le Christ Jésus.

Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le à votre compte. Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.

On approche du dénouement. En reprenant à son compte le poème d’Isaïe, Jésus annonce qu’il est conscient du rapport de force qui le sépare des « chefs des prêtres et des pharisiens ». Sa parabole transforme le scénario de départ : la longue préparation est simplifiée ; l’introduction du « fermage » concentre l’attention sur les relations troubles entre le Maître du domaine et ses vignerons. Les mauvais traitements infligés aux serviteurs dramatisent ce que la mauvaise récolte avait déjà de déplaisant. Tout culmine, bien-sûr, dans le meurtre du Fils. Vers la fin de son évangile, Matthieu annonce le Mystère Pascal. La résurrection est figurée par une énigme : la « pierre angulaire ». L’Eglise sera le Nouvel Israël.
Evangile selon saint Matthieu, 21,33-43

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils.' Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage !' Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu. »

Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'oeuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit. »

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

Lectures d'hierLectures de demain Retour en haut