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Textes liturgiques
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Dimanche 19 octobre 2008
29e dimanche du Temps ordinaire

Textes liturgiques © AELF, Paris

Cyrus, César et Dieu

Dieu fait-il de la politique ? A en croire le prophète de la première lecture, Cyrus, le roi perse, est un de ses représentants sur terre. A en croire le psalmiste, le temple, ou le ciel, sont aussi solennels que la cour d’un monarque. Paul situe la foi dans un registre nettement plus intime même si c’est bien à propos d’une communauté qu’il adresse au Seigneur son Action de grâce. Quand à Jésus, une pièce de monnaie lui suffit pour esquiver le piège de ses adversaires ; sur le fond, il distingue subtilement le domaine de César et celui de Dieu. Religion et politique sont au service de l’homme mais n’ont pas la même finalité : à César, l’argent et la gestion de la cité… A Dieu, l’adoration et la prière pour la cité… Nous vivons encore de ces nuances...

Première lecture : Livre d'Isaïe, 45,1...6

Parole du Seigneur au roi Cyrus, qu'il a consacré, qu'il a pris par la main, pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée : « A cause de mon serviteur Jacob et d'Israël mon élu, je t'ai appelé par ton nom, je t'ai décerné un titre, alors que tu ne me connaissais pas. Je suis le Seigneur, il n'y en a pas d'autre : en dehors de moi, il n'y a pas de Dieu. Je t'ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l'on sache, de l'orient à l'occident, qu'il n'y a rien en dehors de moi. »

Cyrus a gagné la guerre. Il autorise le retour d’exil des juifs déportés à Babylone. Il 'console' le peuple d’Israël. Dans une politique très humaine, le prophète reconnaît à l’oeuvre l’action de Dieu. Il rappelle la profession de foi monothéiste mais, dans le même temps, reconnaît, en la personne d’un roi étranger, un véritable envoyé de Dieu. C’est donc que le Salut va au-delà d’Israël. L’Alliance serait-elle plus vaste qu’il n’y paraît ?
Au Seigneur notre Dieu, tout honneur et toute gloire.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Il est grand, le Seigneur, hautement loué,
redoutable au-dessus de tous les dieux :
Lui, le Seigneur, a fait les cieux.

Rendez au Seigneur, familles des peuples,
rendez au Seigneur la gloire et la puissance,
rendez au Seigneur la gloire de son nom.

Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté :
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »
Il gouverne les peuples avec droiture.

Psaume 95(96)

C’est avec solennité que l’on entre dans le temple. Devant la terre entière, il faut témoigner de la grandeur du Dieu de l’Alliance. Il est plus grand que Cyrus ou César. Il est plus grand que les rois de la terre. Il règne sur Israël. Il règne sur la Création. Il règne sur les peuples. Puisse-t-il régner aussi dans nos cœurs !

Pendant cinq dimanches, nous allons lire des extraits de la première lettre de Paul qui est aussi le premier document écrit du Nouveau Testament. Presque toujours, les lettres de l’apôtre commencent par une action de grâce. Ici, il remercie Dieu d’avoir donné à ses amis la foi, l’espérance et la charité. Il se recommande du Père, du Fils et de l’Esprit Saint. Il souhaite à ses interlocuteurs la grâce et la paix. Des mots qui résonneront longtemps encore dans la pensée chrétienne… Seconde lecture : Première lettre de saint Paul aux Thessaloniciens, chapitre 1,1-5

Nous, Paul, Silvain et Timothée, nous nous adressons à vous, l'Église de Thessalonique qui est en Dieu le Père et en Jésus Christ le Seigneur. Que la grâce et la paix soient avec vous.

A tout instant, nous rendons grâce à Dieu à cause de vous tous, en faisant mention de vous dans nos prières. Sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père. Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. En effet, notre annonce de l'Évangile chez vous n'a pas été simple parole, mais puissance, action de l'Esprit Saint, certitude absolue : vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien.

Comment se défendre quand deux adversaires se liguent contre vous ? Pour perdre Jésus, hérodiens et pharisiens sont prêts à mettre de côté les divergences qui les séparent. Mais, en choisissant pour l’attaquer le terrain de l’impôt, ils ont manqué de jugement. La monnaie romaine est un sujet de polémique : l’effigie de l’empereur contredit l’interdit juif des images. Elle est donc une marque d’idolâtrie. Les hérodiens s’en moquent ; les pharisiens en sont choqués. On a voulu compromettre Jésus ; on a tenté de le pousser soit du côté de l’occupant, soit du côté de la révolte. En pointant habilement ce qui sépare ses adversaires, Jésus les désarme ; pour peu de temps.
Evangile selon saint Matthieu, 22,15-21

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d'Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens. Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? » Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l'impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d'argent. Il leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? — De l'empereur César », répondirent-ils. Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

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