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Textes liturgiques
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Dimanche 26 octobre 2008
30e dimanche du Temps ordinaire

Textes liturgiques © AELF, Paris

Le grand commandement

En ces temps de volatilité boursière, où en sont nos « obligations » ? Envers qui sommes-nous « en dette » ? A qui sommes-nous capables de « faire crédit » ? Dès l’exode, la Torah établit un lien entre les « commandements » qui nous tournent vers Dieu et ceux qui nous orientent vers les plus pauvres. Le psalmiste se sent d’autant plus porté à la louange qu’il s’appuie sur un Dieu fort : sa « position » est inébranlable ; il ressent Dieu comme son fondement, son créateur. Jésus ramène l’ensemble des obligations de la Loi à un seul Amour : celui que nous devons à Dieu parce qu’il nous a créés ; celui que nous devons aux autres parce qu’il nous demande de les reconnaître comme frères. C’est bien ce qu’illustre la vie de la communauté de Thessalonique : elle a su accueillir Paul et le message du Ressuscité.

Première lecture : Livre de l'Exode, 22,20-26

Quand Moïse transmettait au peuple les lois du Seigneur, il disait : « Tu ne maltraiteras point l'immigré qui réside chez toi, tu ne l'opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte. Vous n'accablerez pas la veuve et l'orphelin. Si tu les accables et qu'ils crient vers moi, j'écouterai leur cri. Ma colère s'enflammera et je vous ferai périr par l'épée : vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins.

Si tu prêtes de l'argent à quelqu'un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n'agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d'intérêts. Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil. C'est tout ce qu'il a pour se couvrir ; c'est le manteau dont il s'enveloppe, la seule couverture qu'il ait pour dormir. S'il crie vers moi, je l'écouterai, car moi, je suis compatissant ! »

Dans la Torah, la Loi de Moïse, l’Alliance avec Dieu prime tout. Mais où vérifie-t-on sa fidélité au quotidien ? La relation au prochain est le véritable test : la façon dont quelqu’un traite l’immigré, la veuve, l’orphelin, le pauvre révèle la qualité de sa relation à Dieu. Du coup, la gestion des biens ne relève pas de la seule logique quantitative et l’économie a une dimension humaine. L’argent comme les objets ne sont pas des fins mais des moyens. Ils sont nourriture, vêtements, abri. C’est à l’échelle de la vie – ou quelquefois de la survie - qu’ils s’apprécient.
Je t’aime, Seigneur, Dieu qui me rends fort !

Je t'aime, Seigneur, ma force :
Seigneur, mon roc, ma forteresse,
Dieu mon libérateur, le rocher qui m'abrite,
mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

Louange à Dieu ! Quand je fais appel au Seigneur,
je suis sauvé de tous mes ennemis.
Et lui m'a dégagé, mis au large,
il m'a libéré, car il m'aime.

Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher !
Qu'il triomphe, le Dieu de ma victoire,
Il donne à son roi de grandes victoires,
il se montre fidèle à son messie pour toujours.

Psaume 17(18)

Voilà un croyant qui a confiance en lui ! Il sait sur qui il s’appuie. C’est solide. Du coup, son amour peut se déployer sans crainte et l’ennemi n’a qu’à bien se tenir. Son action de grâce monte vers Dieu. Vu d’abord comme système de défense, un rocher, une forteresse, un bouclier, un abri, la foi au Seigneur inspire aussi l’offensive : Il est Force, Arme de victoire, Libérateur, Triomphe.

La Parole de Dieu suscite une chaîne de confiance. Le croyant imite Paul qui imite Jésus qui imite son Père. Ainsi, la foi se répand et diffuse en Macédoine, en Grèce, partout. C’est l’antidote des idoles, du Mal et de la colère qui l’emporteraient si on laissait les choses suivre leur cours. La communauté de Thessalonique a accueilli Paul et la foi au ressuscité qu’il annonçait. Elle devient pour Paul un témoin de sa mission et un réconfort. Dans la foi, on n’hésite pas à se faire crédit. Seconde lecture : Première lettre de saint Paul aux Thessaloniciens, chapitre 1,5-10

Frères, vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien. Et vous, vous avez commencé à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves avec la joie de l'Esprit Saint. Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et de toute la Grèce. Et ce n'est pas seulement en Macédoine et dans toute la Grèce qu'à partir de chez vous la parole du Seigneur a retenti, mais la nouvelle de votre foi en Dieu s'est si bien répandue partout que nous n'avons plus rien à en dire.

En effet, quand les gens parlent de nous, ils racontent l'accueil que vous nous avez fait ; ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable, et afin d'attendre des cieux son Fils qu'il a ressuscité d'entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.

Le grand commandement… Avec le temps, à l’infini, les Dix Paroles de Moïse avaient été recopiées, commentées, glosées. Elles s’étaient décomposées, subdivisées, multipliées. Il y avait même des prescriptions sur les herbes que l’on cueille sur les collines pour se soigner. C’était donc un exercice habituel, pour les Rabbi, de fouiller les fondements, d’isoler, dans la Torah, l’incontournable, de hiérarchiser. Et voici que Jésus revient à l’essentiel : aimer Dieu ; aimer le prochain. Deux commandements ; un seul Amour.
Evangile selon saint Matthieu, 22,34-40

Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l'un d'entre eux, un docteur de la Loi, lui posa une question pour le mettre à l'épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu'il y a dans l'Écriture - dans la Loi et les Prophètes - dépend de ces deux commandements. »

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

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