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Textes liturgiques
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Dimanche 9 novembre 2008
Dédicace de la Basilique du Latran

Textes liturgiques © AELF, Paris

Le lieu de la prière

Le mois de novembre est celui de la mémoire : saints ; défunts ; anciens combattants… Les lieux de culte, eux aussi, ont une histoire. Dans la liturgie de ce jour, Ezéchiel évoque le renouveau du Temple de Jérusalem construit par Salomon et détruit par la guerre. Bien plus tard, Hérode le reconstruira ; Jésus devra en défendre la pureté face à la piété formaliste et aux dérives marchandes. Le psalmiste discerne en fait Dieu lui-même comme le véritable refuge, la citadelle sûre ; tandis que c’est en chaque croyant que Paul voit le seul lieu de culte qui vaille. Si ces textes nous sont proposés aujourd’hui, c’est parce que l’empereur Constantin avait fait construire dans le quartier du Latran une cathédrale pour l’évêque de Rome ; son inauguration, sa « dédicace », mettait fin à la période clandestine du culte catholique. Cela valait bien, chaque année, le 9 novembre, un acte de mémoire.

Première lecture : Livre d'Ezéchiel, 47,1...12

Au cours d’une vision reçue du Seigneur, l’homme qui me guidait me fit revenir à l’entrée du Temple, et voici : sous le seuil du Temple, de l’eau jaillissait en direction de l’orient, puisque la façade du Temple était du côté de l’orient. L’eau descendait du côté droit de la façade du Temple, et passait au sud de l’autel.

L'homme me fit sortir par la porte du nord et me fit faire le tour par l'extérieur, jusqu'à la porte qui regarde vers l'orient, et là encore l'eau coulait du côté droit. Il me dit : « Cette eau coule vers la région de l'orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux. En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu'elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent.

Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d'arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède. »

Le prophète appartient à une génération qui a vu une armée ennemie détruire le temple construit par Salomon. Ezechiel vit en exil. Sa vision d’une source jaillie des ruines pour féconder le désert et la mer trop salée témoigne d’une espérance invincible. Ainsi donc, si les murs sont détruits, la foi est toujours là. Si les pierres ont été renversées, la terre est restée féconde. Grâce à Dieu, le Peuple se relèvera .
Voici la demeure de Dieu parmi les hommes.

Dieu est pour nous refuge et force,
secours dans la détresse, toujours offert.
Nous serons sans crainte si la terre est secouée,
si les montagnes s'effondrent au creux de la mer.

Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu,
la plus sainte des demeures du Très-Haut.
Dieu s'y tient : elle est inébranlable ;
quand renaît le matin, Dieu la secourt.

Il est avec nous, le Seigneur de l'univers ;
citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !
Venez et voyez les actes du Seigneur,
Il détruit la guerre jusqu'au bout du monde.

Psaume 45 (46)

Devant le malheur, nous ne sommes pas sans refuge. Dieu est là. L’eau n’est pas seulement, avec la mer, le lieu de l’engloutissement ; elle est aussi, avec le fleuve dont les bras enserrent la ville, la condition de la fertilité et de la prospérité. La 'demeure de Dieu' a la solidité de la pierre et la fécondité de l’île. Jésus-Christ est en personne cette « citadelle ».

Et si nous étions nous-mêmes la 'demeure de Dieu', son 'Temple'… Nous serions construits sur le Christ… Nous abriterions en nous-mêmes l’Esprit de Dieu. Paul le pressent. La première épître de Pierre reprendra la même image en parlant de 'pierres vivantes'. Et, un peu plus loin dans la première lettre aux corinthiens, Paul développera son intuition et la transposera en une autre image : ensemble, nous sommes le Corps du Christ. Seconde lecture : Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens, chapitre 3,9...17

Frères, vous êtes la maison que Dieu construit. Comme un bon architecte, avec la grâce que Dieu m'a donnée, j'ai posé les fondations. D'autres poursuivent la construction ; mais que chacun prenne garde à la façon dont il construit. Les fondations, personne ne peut en poser d'autres que celles qui existent déjà : ces fondations, c'est Jésus Christ.

N'oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est vous.

A Jérusalem, Jésus trouve le Temple encombré d’argent. Sa réaction énergique purifie les lieux mais lui vaudra des inimitiés durables qui resurgiront à son procès. On l’accusera de mépriser la religion de son Peuple. C’est en réponse que prend naissance, chez les disciples, la double image du Temple et du Corps, déjà repérée chez Paul. La mention de la résurrection, dés le début de l’évangile de Jean, nous rappelle que l’Ecriture relit les évènements dans la foi. Dieu parle au cœur de l’homme, le lieu de culte par excellence. Quelle que soit la magnificence de nos églises, elles ne sont qu’un reflet de ce dialogue vital.
Evangile selon saint Jean, 2,13-22

Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem. Il trouva installés dans le Temple les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs boeufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment. Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »

Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps. Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

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