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Prier avec la Bible Textes liturgiques |
Textes liturgiques © AELF, Paris
| Le Christ, Roi de l’univers
L’année liturgique se termine. C’est le temps du bilan. Il serait normal de repenser à ce que nous avons vécu cette année. Faisons chacun pour notre compte la relecture de notre vie. Mais l’Eglise n’est pas une entreprise individuelle. Lorsqu’elle regarde en arrière, c’est à tout ce qui s’est vécu depuis le commencement de l’humanité qu’elle s’intéresse. Devant tous les malheurs de l’histoire, le psalmiste comme Ezéchiel en appellent au Seigneur pour prendre soin des hommes. C’est d’un berger dont l’humanité a besoin. Paul, lui, se projette dans l’avenir. Puisque le Christ est ressuscité, nous serons tous appelés un jour à ressusciter à notre tour. L’évangile selon st Matthieu renchérit : ce sera le bilan définitif, la grande rencontre de tous les hommes avec leur Seigneur, le Christ, Roi de l’univers ; il jugera chacun sur l’amour donné au plus petit. En Lui, tout doit être récapitulé.. |
| Première lecture : Livre d'Ezéchiel, 34,11-17
Parole du Seigneur Dieu. Maintenant, j'irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j'irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de brouillard et d'obscurité. Je les ferai sortir des pays étrangers, je les rassemblerai, et je les ramènerai chez elles ; je les mènerai paître sur les montagnes d'Israël, dans les vallées, dans les endroits les meilleurs. Je les ferai paître dans un bon pâturage, et leurs prairies seront sur les hauteurs d'Israël. Là, elles se reposeront dans de belles prairies, elles brouteront dans de gras pâturages, sur les monts d'Israël. C'est moi qui ferai paître mon troupeau, et c'est moi qui le ferai reposer, déclare le Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l'égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la soignerai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître avec justice. Et toi, mon troupeau, déclare le Seigneur Dieu, apprends que je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs. » |
Déçu par les rois d’Israël et de Juda qui ont conduit leurs peuples aux défaites et à l’exil, le prophète s’est tourné vers son Dieu. L’oracle qu’il prononce prête au Seigneur l’intention de prendre Lui-même la tête des siens. Dieu va se faire roi parmi les hommes ; berger au service du troupeau. Jésus reprendra à son compte les images d’Ezéchiel, en particulier celle de la brebis perdue. | |
| Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.
Le Seigneur est mon berger : Il me mène vers les eaux tranquilles Si je traverse les ravins de la mort, Tu prépares la table pour moi Grâce et bonheur m'accompagnent |
Psaume 114(115) Jésus a souvent prié ce psaume et l’a repris à son compte. Le psalmiste y parlait au nom des brebis du troupeau. On croit voir dans le portrait du berger celui de David, le roi poète. Dieu et son envoyé se ressemblent. Le berger nourrit, abreuve, lave, parfume, soigne, rassure, protège. L’image du pasteur récapitule l’attention à l’autre que réclament les relations humaines. Jésus s’y retrouvait sans peine. |
| Que le Christ ressuscite, c’est extraordinaire ! Qu’en vertu de cette résurrection nous soyons nous-mêmes appelés à ressusciter, c’est incroyable ! Et pourtant, c’est notre foi. Jésus est le véritable Adam, la seule tête de l’humanité dont le premier homme ne fut qu’un pâle signe. Devant le Père, Jésus s’est fait note « roi », notre porte-parole. Il nous récapitule en Lui. | Seconde lecture : Première lettre de saint Paul aux Corinthiens, chapitre 15,20-28
le Christ est ressuscité d'entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. Car, la mort étant venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la résurrection. En effet, c'est en Adam que meurent tous les hommes ; c'est dans le Christ que tous revivront, mais chacun à son rang : en premier, le Christ ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu'il reviendra. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal. C'est lui en effet qui doit régner jusqu'au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qu'il détruira, c'est la mort. Alors, quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous. | |
| Nous refermons aujourd’hui l’évangile selon st Matthieu sur ce contraste saisissant : d’un côté le tableau grandiose de l’humanité avec toutes les nations et toutes les générations récapitulées devant le Christ Roi ; de l‘autre la banalité du critère utilisé par le Christ Juge : comment as-tu répondu à la faim, à la soif, au dénuement de l’autre lorsque tu l’as rencontré ? Le banal et le sublime se réconcilient. Le quotidien des hommes est le terrain même du jugement. C’est divin. Dimanche prochain, en ouvrant l’évangile selon st Marc, nous entrerons, en Avent, dans la préparation de Noël. | |
| Evangile selon saint Matthieu, 25,31-46
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres : il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : 'Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi !' Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu...? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ? tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?' Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.' Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : 'Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité.' Alors ils répondront, eux aussi : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?' Il leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait.' Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. » |
P. Emmanuel Chazot Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy) |
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