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Textes liturgiques
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Dimanche 8 février 2009
5e semaine du Temps ordinaire

Textes liturgiques © AELF, Paris

De jour et de nuit !

La semaine dernière, Marc nous présentait le début du ministère public de Jésus. C’était un exorcisme, un jour de sabbat, à la synagogue de Capharnaüm. Hélas, des malades, il y en a encore ! Aujourd’hui, les guérisons s’enchaînent et les foules de Galilée passent de la surprise à l’engouement. Dans cette veine, le psaume 146 transforme l’admiration des hommes guéris en prière de louange. Mais l’enthousiasme populaire fatigue celui qui en a été tout le jour et la source et l’objet. Il lui faut la nuit noire pour trouver un moment de repos, de solitude et de communion avec son Père. Bienfaisante, la nuit ? Pas pour Job ; pas pour les malades. Il faut avoir eu, comme Paul, le cœur libéré par le Christ pour n’avoir plus dans la vie que la préoccupation de Jésus : annoncer l’évangile..

Première lecture : Livre de Job, 7,1...7

Job prit la parole et dit : « Vraiment, la vie de l'homme sur la terre est une corvée, il fait des journées de manoeuvre. Comme l'esclave qui désire un peu d'ombre, comme le manoeuvre qui attend sa paye, depuis des mois je n'y ai gagné que du néant, je ne compte que des nuits de souffrance. A peine couché, je me dis : 'Quand pourrai-je me lever ?' Le soir n'en finit pas : je suis envahi de cauchemars jusqu'à l'aube. Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s'achèvent quand il n'y a plus de fil. Souviens-toi, Seigneur : ma vie n'est qu'un souffle, mes yeux ne verront plus le bonheur.

Pour le malade, la nuit est une épreuve. Quand le sommeil ne vient pas, le découragement guette. Douleur et amertume s’accumulent, se mêlent et rancissent au fond du coeur. C’est ainsi que le mal fait son nid en l’homme blessé. A moins que la prière, même sous forme de plainte, ne tourne l’esprit vers le Seigneur ! Sous la cendre de la nuit rougeoie la braise du jour.
Bénissons le Seigneur qui guérit nos blessures !

Il est bon de fêter notre Dieu,
il est beau de chanter sa louange !
il guérit les coeurs brisés
et soigne leurs blessures.

Il compte le nombre des étoiles,
il donne à chacune un nom ;
il est grand, il est fort, notre Maître :
nul n'a mesuré son intelligence.

Le Seigneur élève les humbles
et rabaisse jusqu'à terre les impies.
Entonnez pour le Seigneur l'action de grâce,
jouez pour notre Dieu sur la cithare !

Psaume 114(115)

Quand la prière se fait louange et remerciement, le chant monte spontanément de la bouche. La joie est là parce que les blessures ont été soulagées et les cœurs reconstruits. Le créateur et le sauveur ne font qu’un. L’espérance grandit : les impies ne l’emporteront pas sur les humbles ; la nuit et le silence sont finis. Place au soleil, au jour, à la musique !

Comme celle de son Maître, la vie de l’apôtre incarne un choix : annoncer la Bonne nouvelle. Toute la vie de Paul a été consacrée à cette priorité. Jésus était un homme libre. Paul l’est devenu. Il ne se donne depuis qu’une seule tâche : gagner les hommes à l’évangile. Il y travaille jour et nuit. Seconde lecture : Première lettre de saint Paul aux Corinthiens, chapitre 9,16...23

Frères, si j’annonce l’Evangile, je n’ai pas à en tirer orgueil, c'est une nécessité qui s'impose à moi ; malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile ! Certes, si je le faisais de moi-même, je recevrais une récompense du Seigneur. Mais je ne le fais pas de moi-même, je m'acquitte de la charge que Dieu m'a confiée. Alors, pourquoi recevrai-je une récompense ? Parce que j'annonce l'Évangile sans rechercher aucun avantage matériel, ni faire valoir mes droits de prédicateur de l'Évangile. Oui, libre à l'égard de tous, je me suis fait le serviteur de tous afin d'en gagner le plus grand nombre possible. Avec les faibles, j'ai été faible, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns. Et tout cela, je le fais à cause de l'Évangile, pour bénéficier, moi aussi, du salut.

Après avoir délivré, à la synagogue, un homme possédé par un esprit mauvais, Jésus récidive, à la maison cette fois. Avec le soir et la fin des interdits liés au Sabbat, le rythme des guérisons s’accélère ; c’est l’engouement ; même la nuit noire a du mal à calmer les esprits. Au réveil, Jésus éprouve le besoin de prendre de la distance. Il s’éloigne de la ville et se recueille, dans la solitude, auprès de son Père. On le cherche au matin, comme, plus tard, on cherchera le ressuscité. Confirmé dans sa mission par la prière, il poursuit ce jour là sa prédication dans les autres villages de Galilée.
Evangile selon saint Marc, 1,29-39

En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André. Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade. Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche. Quand ils l'ont trouvé, ils lui disent : « Tout le monde te cherche. » Mais Jésus leur répond : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c'est pour cela que je suis sorti. »

Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais.

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

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