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Textes liturgiques
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Dimanche 15 février 2009
6e semaine du Temps ordinaire

Textes liturgiques © AELF, Paris

Purification

Que Jésus fasse des guérisons, voilà qui ne nous surprend pas ! Mais la lèpre… Le livre des Lévites témoigne des mesures de prophylaxie mises en place depuis la nuit des temps. Le plus petit symptôme vous écarte impitoyablement de la communauté. Paul lui-même, avec la capacité d’adaptation qu’il revendique, a bien du mal de son côté à faire face à l’accusation d’impureté ou de souillure. Le seul recours des malades était alors de se regrouper en bandes, de s’organiser en marge de la société et, pour ceux qui en avaient encore la force, de se tourner vers Dieu. Le psaume 101 est ainsi une longue plainte.

Première lecture : Livre du Lévitique, 13,1...46

Le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Quand un homme aura sur la peau une tumeur, une inflammation ou une tache, qui soit une marque de lèpre, on l'amènera au prêtre Aaron ou à l'un des prêtres ses fils. Le lépreux atteint de cette plaie portera des vêtements déchirés et les cheveux en désordre, il se couvrira le haut du visage jusqu'aux lèvres, et il criera : 'Impur ! Impur !' Tant qu'il gardera cette plaie, il sera impur. C'est pourquoi il habitera à l'écart, sa demeure sera hors du camp. »

Cette maladie est vieille comme le monde. Depuis des générations, on sait la diagnostiquer et la distinguer des autres affections de la peau. A défaut de la soigner, les autorités ont mis en place un protocole rigoureux qui protège au moins la communauté d’une contagion supposée. Le prêtre vérifie que c’est bien de ce mal qu’il s’agit. Il écarte les accusations arbitraires qui pourraient venir de la peur ou de la malveillance ordinaire. Le malade est invité à 'prendre sur lui' son malheur et, ainsi, à le limiter. Touché par le mal, il est désormais souillé, 'impur'. On ne peut plus rien pour lui.
N’oublie pas, Seigneur, le cri des malheureux.

Seigneur, entends ma prière :
que mon cri parvienne jusqu'à toi !
Ne me cache pas ton visage
le jour où je suis en détresse !

Mes jours s'en vont en fumée,
mes os comme un brasier sont en feu ;
mon coeur se dessèche comme l'herbe fauchée,
j'oublie de manger mon pain.

A force de crier ma plainte,
ma peau colle à mes os.
Mais toi, Seigneur, tu es là pour toujours ;
d'âge en âge on fera mémoire de toi.

« Des hauteurs, son sanctuaire, le Seigneur s'est penché ;
du ciel, il regarde la terre
pour entendre la plainte des captifs
et libérer ceux qui devaient mourir. »

Psaume 101(102)

La liturgie nous fait prononcer cette prière dans un contexte de maladie. Elle a été écrite en fait à la suite d’une défaite. Un long siège, pendant lequel les réserves de nourriture ont été épuisées, a eu raison de la résistance et de la fierté de Jérusalem. C’est la plainte d’un soldat vaincu qui monte vers le Seigneur. Il se sent épuisé, affamé, souillé. La maladie, au fond, n’est-elle pas une sorte de guerre faite à l’homme ?

Paul dispense volontiers des interdits alimentaires ceux à qui il annonce l’évangile. Ce n’est pas ce dont il se nourrit qui fait la souillure ou la pureté de quelqu’un. Mais, peut-on user de sa liberté au point de manger de tout ? Peut-on, en particulier, consommer les restes des sacrifices offerts dans les temples de Corinthe ? Il est vrai qu’ils sont en vente libre sur le marché. En elles-mêmes, ces viandes sont neutres. Elles ne souillent ni ne purifient personne puisque les dieux qu’elles honorent n’existent pas. Certains membres de la communauté, toutefois, ont « la conscience faible » et voient, dans leur consommation, une façon de se concilier les idoles. D’autres, d’origine juive, sont choqués et les considèrent comme impures. Par respect pour chacun, Paul invite discrètement à s’abstenir. Seconde lecture : Première lettre aux Corinthiens, chapitre 10,31-11,1

Frères, tout ce que vous faites : manger, boire, ou n'importe quoi d'autre, faites-le pour la gloire de Dieu. Ne soyez un obstacle pour personne, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni pour l'Église de Dieu. Faites comme moi : en toutes circonstances je tâche de m'adapter à tout le monde ; je ne cherche pas mon intérêt personnel, mais celui de la multitude des hommes, pour qu'ils soient sauvés.
Prenez-moi pour modèle ; mon modèle à moi, c'est le Christ.

De maladie, la lèpre en est venue au fil du temps à être considérée comme une impureté rituelle. Jésus ne craint pas de se laisser approche par quelqu’un de 'souillé'. Il dialogue avec lui. Il chasse la lèpre comme il avait chassé l’esprit mauvais. Il renvoie aussitôt le malade à l’autorité légitime pour que celui-ci puisse retrouver une vie sociale normale. Sa consigne de discrétion tombe dans le vide. Presque malgré lui, la Bonne Nouvelle se répand.
Evangile selon saint Marc, 1,40-45

Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » A l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

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