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Prier avec la Bible Textes liturgiques |
Textes liturgiques © AELF, Paris
| Excès !
Pour s’entraîner à affronter le Mal, le passage au désert ne suffit pas. Il faut au désert un point extrême, la 'Haute Montagne'. Il faut à l’amour un sommet, risquer la mort. L’excès de lumière qui effraie les apôtres et les submerge à la Transfiguration répond à l’excès du mal qui traverse l’histoire des hommes et la crucifie. A l’aube de cette histoire émerge une figure d’homme, un père, Abraham. Par amour de Dieu, il risque la vie de son fils. Un ange lui découvre alors un Seigneur beaucoup plus humain qu’il ne le pensait, beaucoup plus humain que lui. Bien des générations plus tard, au pivot de cette histoire, Paul relit l’histoire de Jésus et son mystère pascal à la lumière du sacrifice d’Isaac. Il découvre un Dieu généreux, aussi excessif dans le sacrifice que l’avait été autrefois Abraham. A côté d’un tel amour, les tatillonnes comptabilités de la Loi manquent de consistance. Par contraste, l’humble piété du psaume 115 nous introduit dans la prière d’un homme sauvé, plus divin qu’il n’y paraît. |
| Première lecture : Livre de la Genèse, 22,1...18
Dieu mit Abraham à l'épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l'offriras en sacrifice sur la montagne que je t'indiquerai. » Quand ils furent arrivés à l'endroit que Dieu avait indiqué. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l'ange du Seigneur l'appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L'ange lui dit : « Ne porte pas la main sur l'enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique. » Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s'était pris les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils. Du ciel l'ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham : « Je le jure par moi-même, déclare le Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance tiendra les places fortes de ses ennemis. Puisque tu m'as obéi, toutes les nations de la terre s'adresseront l'une à l'autre la bénédiction par le nom de ta descendance. » |
Pendant des années, Abraham et Sara avaient désiré un fils. A la fin de leur vie, Isaac leur est donné comme un sourire de Dieu. C’est ce qu’ils ont de plus cher au monde. Mais, si l’on aime Dieu, n’est-ce pas ce que l’on a de plus cher qu’on lui doit ? Avec excès, le croyant veut offrir à Dieu le sacrifice le plus précieux, sa propre chair, son propre fils, son unique ; jusqu’à ce qu’Abraham comprenne que Dieu est plus honoré par la vie d’Isaac que par sa mort ; jusqu’à ce que Jésus, dont Isaac était une figure, ne s’offre lui-même sur la croix, lui aussi par excès d’amour. | |
| Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants.
Je crois, et je parlerai, Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, Je tiendrai mes promesses au Seigneur, |
Psaume 115(116) Dieu accepte le sacrifice d’action de grâce qui lui est offert par le croyant. Il accueille la reconnaissance de ceux qui invoquent son nom. Mais il n’aime pas la mort de l’homme. Elle lui 'coûte'. Quand Jésus s’est trouvé sur la croix, les entrailles du Père ont frémi. Il a répondu à l’excès de souffrance et d’amour par un excès de vie et de lumière : la Résurrection. |
| En écrivant sa lettre aux Romains, Paul proclame la suprématie de la foi sur l’observation de la Loi. Celle-ci délimite avec précision le permis et le défendu, le mérite et la sanction, le normal et l’excessif. Mais, pour Dieu, le don du salut va bien au-delà de ces considérations. On ne balise pas l’amour. En livrant son Fils comme Abraham, Il nous aime sans mesure, avec excès. Pour celui qui croit, il n’y a plus de peur qui tienne. Elle s’évapore dans ce brasier. | Seconde lecture : Lettre de saint Paul aux Romains, chapitre 8,31-34
Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n'a pas refusé son propre Fils, il l'a livré pour nous tous : comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? puisque c'est Dieu qui justifie. Qui pourra condamner ? puisque Jésus Christ est mort ; plus encore : il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous. | |
| Comme celui de l’Exode, le chemin du carême fait halte sur la haute montagne. Moïse y avait eu la révélation du Nom et celle de l’Alliance. Elie y avait ressenti le souffle « de la brise légère ». A l’écart de la foule, un petit groupe d’apôtres y est témoin, avant l’heure, de la gloire de la Résurrection. Un excès de lumière les effraie mais révèle que cette gloire précède l’évènement pascal. C’est de toute éternité que Jésus est le « Fils bien-aimé ». Avant même que nous existions circulait déjà, du Père au Fils et à l’Esprit, cet excès d’amour qui est leur existence même. | |
| Evangile selon saint Marc, 9,2-10
Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et ils s'entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d'entre les morts ». |
P. Emmanuel Chazot Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy) |
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