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Introduction à la Bible Livre de la Genèse |
Nous continuons la lecture du Livre des origines de l'humanité. Bien sûr, il n'est pas question que de cette dernière, mais aussi de toutes les 'créatures', c'est-à-dire de tout ce qui est présenté comme créé par Dieu : l'homme et la femme, mais aussi les astres et les végétaux comme les éléments. Rappelons-nous : dans le premier chapitre du livre de la Genèse, Dieu créa l'homme à son image ; il le créa à l'image de Dieu, mâle et femelle il les créa, et voici qu'au chapitre 2 est à nouveau rapportée la création de l'homme et de la femme, bien plus détaillée cette fois. Cela n'empêche pas Gn 2 de présenter aussi un récit d'ensemble de la Création, et le lecteur attentif est immédiatement frappé par l'harmonie qui s'en dégage : ici, tout est enchanteur. Il y a la richesse d'une terre fertile où le travail de l'homme placé dans le jardin n'apparaît pas marqué par la pénibilité. |
2 4 Voici les origines des cieux et de la terre, quand ils furent créés. 5 Lorsque le SEIGNEUR Dieu fit une terre et des cieux, aucun arbuste des champs n'était encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne germait encore: car le SEIGNEUR Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n'y avait point d'homme pour cultiver le sol. 6 Mais une vapeur s'éleva de la terre, et arrosa toute la surface du sol. |
Bien des choses semblent avoir changé depuis le premier chapitre :
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10 Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras. 11 Le nom du premier est Pischon; c'est celui qui entoure tout le pays de Havila, où se trouve l'or. 12 L'or de ce pays est pur; on y trouve aussi le bdellium et la pierre d'onyx. 13 Le nom du second fleuve est Guihon; c'est celui qui entoure tout le pays de Cusch. 14 Le nom du troisième est Hiddékel; c'est celui qui coule à l'orient de l'Assyrie. Le quatrième fleuve, c'est l'Euphrate. |
![]() Même s'il semble bien délimité par 4 fleuves, il est pourtant difficile de le situer : le Tigre et l'Euphrate coulent en effet dans l'Irak actuelle, mais on ne connaît ni le Pishôn - qui entourerait peut-être une région au sud et au nord-est de l'Arabie - ni le Guihôn, même si une source porte ce nom à Jérusalem. Depuis longtemps, les commentateurs on aimé à identifier le Pishône avec un autre grand fleuve : l'Indis, le Gange ou le Nil (!), mais la diversité de ces réponses montre bien l'impossibilité de se prononcer. Que reste-t-il alors de ces versets ? Une impression d'abondance et de richesse, donnée encore plus par la mention d'irrigation abondante que par l'évocation des pierres précieuses qui s'y trouvent. |
15 Le SEIGNEUR Dieu prit l'homme, et le plaça dans le jardin d'Éden pour le cultiver et pour le garder. 16 Le SEIGNEUR Dieu donna cet ordre à l'homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin; 17 mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. |
Ce qui domine, c'est surtout la sollicitude du Seigneur Dieu pour l'homme : non seulement la nourriture est abondante, mais Dieu veille à la lui indiquer : Tu pourras manger de tout arbre... Plus, le Seigneur Dieu veille à ce que l'homme ne soit pas condamné à la solitude, et la formule employée dit tout son soin : Il n'est pas bon pour l'homme... Ici, Dieu est véritablement celui qui, déjà, se fait proche de sa créature. |
18 Le SEIGNEUR Dieu dit: Il n'est pas bon que l'homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui. 19 Le SEIGNEUR Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l'homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l'homme. 20 Et l'homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs; mais, pour l'homme, il ne trouva point d'aide semblable à lui. 21 Alors le SEIGNEUR Dieu fit tomber un profond sommeil sur l'homme, qui s'endormit; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. 22 Le SEIGNEUR Dieu forma une femme de la côte qu'il avait prise de l'homme, et il l'amena vers l'homme. |
![]() Création de la femme Quand on voit la place prise dans ce chapitre par la création de la femme, il n'y a pas à hésiter : elle est l'un des centres d'intérêt majeur du texte, ce qui signifie qu'il faut écouter avec attention ses affirmations importantes :
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![]() 23 Et l'homme dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os 24 C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. |
Les noms... Dans toute la Bible, donner un nom est essentiel : le nom dit la mission ou la caractéristique de la personne. Ainsi, en Gn 17,5, Dieu dira à celui qui était connu jusqu'alors comme Abram : 'On ne t'appellera plus du nom d'Abram, mais ton nom sera Abraham car je te donnerai de devenir le père d'une multitude de nations' ; et c'est bien le sens du mot Abraham |
25 L'homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte. |
La vision du chapitre est idyllique, mais une phrase détonne : tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais car, du jour où tu en mangeras, tu devras mourir (v. 17). Alors que tout est soous le signe de la vie, voici une menace, et une menace de mort. Pour tout lecteur un peu fûté, c'est un signal : il est vraisemblable que quelque chose se jouera autour de cet arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. A lui donc de rester en alerte... |
Décrypter le texte Deux textes rapportent la Création ; cela peut nous paraître beaucoup, d'autant plus qu'ils sont différents, mais c'est aussi d'une grande aide si nous savons poser les bonnes questions au texte : celles qui vont faire avancer la compréhension. Pour cela, il faut :
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Et Dieu dans tout cela ? Le texte n'est pas avare d'affirmations fondamentales sur Dieu et il est bon de les relever. Le SEIGNEUR Dieu est le Dieu de la vie : bien sûr, le Seigneur Dieu est celui qui fait toute chose : la terre et le ciel comme les êtres vivants ; mais quand il est dit qu'il est aussi celui qui fait pleuvoir, c'est surtout attester qu'il apporte la vie. D'ailleurs, il faut son haleine de vie pour que l'homme devienne un vivant. La relation entre Dieu et l'homme est au coeur de la Création : Dieu a voulu l'homme et veille sur lui avec sollicitude, sachant s'en faire proche, chercher ce qui est bon pour lui. La Création est bonne et harmonieuse : c'est donc une vision positive qui est première dans les Écritures. Quelle que soit la suite de l'histoire, elle ne peut être effacée. En outre, pour un regard de foi, comment le projet de vie de Dieu pourrait-il échouer ? |
Pour réfléchir...
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